Chaque
été, une centaine de randonneurs et d'alpinistes se
tuent en montagne et les secouristes effectuent des centaines d'interventions,
parfois sur des appels exagérés: pour les faire baisser,
une campagne nationale de prévention massive, pilotée
par les ministères de l'Intérieur et des Sports, est
lancée cette année.
" Pour qu'en été, la montagne reste un plaisir
" : ce slogan figure sur plus d'un million de
" mémentos sécurité " qui résument,
en douze pages, ce qu'il faut savoir, de la météo à
l'équipement, en passant par l'entraînement, la solidarité
et les numéros utiles.
Ces guides seront distribués gratuitement, notamment lors
de deux opérations aux péages des autoroutes en direction
des régions de montagne. Quelque 20.000 affichettes seront
aussi diffusées.
" On constate ces dernières années une hausse
sensible de la pratique des sports de montagne, surtout la randonnée,
qui concerne un Français sur quatre ", a expliqué
mercredi le ministre des Sports, Jean-François Lamour, en
insistant sur la " nécessité d'informer
".
L'été dernier (juin à septembre), 87 personnes
(contre 102 un an plus tôt) sont mortes à la montagne,
principalement des randonneurs (45) et des alpinistes (30).
" Cette centaine de morts par an est malheureusement un
chiffre un peu incompressible. Mais vu l'engouement des Français
pour la montagne, on y meurt donc proportionnellement moins qu'avant
", a observé Bruno Fleury, responsable du Système
national d'observation de la sécurité en montagne.
Le Dr Philippe Menthonnex, l'un des spécialistes du secours
en montagne en France, refuse aussi de céder au " catastrophisme
".
" Selon une étude nationale réalisée
auprès des blessés en montagne arrivés au SAMU,
seuls 8 % étaient des polytraumatisés ou des blessés
sévères alors qu'un blessé sur deux quittait
l'hôpital le jour même de son admission ",
a indiqué cet urgentiste, travaillant au CHU de Grenoble.
Reste que les interventions des secouristes - pompiers, gendarmes
ou CRS de montagne - coûtent cher, en argent, en temps et
parfois même en hommes.
" L'alerte doit donc être faite à bon escient.
Et il faut être très précis sur la localisation,
le nombre de personnes à secourir et leur état de
santé ", a insisté Antoine Marchetti, de
la direction de la défense et de la sécurité
civile. Il a rappelé que si la gratuité des secours
- sauf pour le ski -restait la règle, " les maires
pouvaient, depuis une loi du 27 février 2002, exiger le remboursement
total ou partiel des frais engagés par leurs communes
".
Le Dr Menthonnex a insisté sur la nécessité
de réserver l'usage du téléphone portable pour
guider les secours et jugé qu'il n'était " pas
sérieux de s'aventurer à la montagne sans une connaissance
basique des gestes qui sauvent ".
Parce que la montagne " est un milieu rude ", il
est conseillé de s'y préparer toute l'année,
de se former aux gestes de premiers secours et de choisir un itinéraire
ou une discipline à sa mesure. Consulter la météo
est impératif, tout comme prévenir des personnes de
son itinéraire et ne jamais partir seul. Côté
équipement, des chaussures montantes et antidérapantes
sont de mise, tout comme carte, boussole, trousse de première
urgence et couverture de survie. Un sifflet - pour être localisé
- et un couteau multifonction sont recommandés.
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