| Les
Hautes-Pyrénées ont ressenti deux violentes secousses
sismiques, hier après-midi, à partir d'un épicentre
situé à six kilomètres, au sud sud-est d'Aucun.
Ressentis à 16h56 puis à 17h14, les tremblements de
terre d'une magnitude de 4,8 degrés sur l'échelle de
Richter puis de 4,3 n'ont fait ni victime ni causé d'importants
dégâts matériels. Sur cette terre sismique, ils
entrent néanmoins dans la catégorie des records enregistrés
au cours de ces treize dernières années.
" Plus il est profond moins il occasionne de dégâts.
Avec une telle profondeur estimée à neuf kilomètres,
ses effets devraient être limités ", nous
a déclaré, quelques minutes seulement après
la première secousse, le sismologue toulousain Mathieu Sylvander,
de son observatoire des sciences de l'univers. Il dispose d'une
vingtaine de stations sismologiques sur la chaîne des Pyrénées
dont trois basées en Hautes-Pyrénées, sur les
communes d'Ens, de Labassère (notre cliché) et de
Viey.
Dans cette zone montagneuse, le tremblement de terre a provoqué
d'importantes chutes de pierres. Un bloc de deux à trois
cents kilos s'est même écroulé sur une route
de la commune de Cauterets. Les secours ont dû intervenir
sur la localité de Lugagnan pour sécuriser une cheminée
menaçant de tomber.
A Argelès-Gazost, certains habitants ont témoigné
" d'un fort balancement d'objets et de forts coups de tonnerre
et d'explosion ", a-t-on appris auprès du réseau
national de surveillance sismique (Rénas) de Strasbourg.
Les secousses ont été perçues à quarante
kilomètres à la ronde. Des habitants de Pau comme
de Tarbes leur ont signalé des tremblements, surtout ceux
situés dans les étages.
A 16h57, une Paloise a ressenti une " faible vibration
horizontale mais aussi d'objets et de mobilier avec une oscillation
des liquides ". A Tarbes, à 17h05, des habitants
résidant aux troisième et quatrième étage
d'un immeuble se sont inquiétés suite à la
première secousse. Ils ont entendu un fort craquement de
leur plancher ainsi que de " forts grondements souterrains
et aériens ". Des témoignages remontent jusqu'à
Morlaas.
Les Hautes-Pyrénées avaient connu une grosse secousse
en 1989 à Campan, d'une magnitude de 5,5 sur l'échelle
de Richter. Dix ans plus tard, les Pyrénées avaient
tremblé aussi intensément qu'hier, à Saint-Béat
(Haute-Garonne). En France, le dernier tremblement de terre d'une
magnitude de 4,1 sur l'échelle de Richter s'est déroulé
le 23 avril dans le Finistère.
Le plus fort séisme enregistré en Europe est également
récent. D'une magnitude de 5,6 sur l'échelle de Richter,
il a secoué le Kosovo le 24 avril dernier. Au cours de l'année
écoulée, l'Italie comme la France figurent parmi les
deux pays les plus secoués. Quatre alarmes supérieures
à 3,5 de magnitude sur l'échelle de Richter les ont
marquées.
Suite aux événements d'hier, Christophe Sira, chargé
des enquêtes sismologiques sur le territoire français
s'apprête à en réaliser une dernière
sur les effets ressentis par la population haut-pyrénéenne.
Les gens qui ont relevé des manifestations sur leur environnement
ou les constructions environnants sont invités à se
manifester sur leur site internet (www.seisme.prd.fr).
Cette secousse est survenue au jour d'un violent orage redouté
hier soir, au large de la côte basque. Aujourd'hui encore
Météo-France annonce d'importants orages accompagnés
de violentes bourrasques de vent pouvant dépasser les 100km/heure
sur le département des Hautes-Pyrénées. La
préfecture déconseille aussi bien les sorties en montagne
qu'en forêt.
Communication du Bureau central sismologique français :
Dans le cadre de ces événements, le BCSF (Bureau central
sismologique français) lance un appel à témoignages
auprès de la population. Le BCSF procède à
une collecte d'informations sur les effets ressentis (personnes,
objets, environnement, constructions), afin de déterminer
la zone touchée et d'estimer les intensités par commune.
Toute personne ayant ressenti l'événement peu remplir
un formulaire en ligne sur notre site Internet (www.seisme.prd.fr)
rubrique actualités ou témoigner à la mairie
qui collectera les informations. Les données collectées
permettront de dresser une carte des intensités et de mieux
connaître le risque sismique de la région. Ces résultats
sont nécessaires aux programmes de recherches scientifiques,
aux ingénieurs du bâtiment, et à l'organisation
des secours. Cette enquête est complémentaire à
l'enquête réalisée avec l'aide des SIDPC des
préfectures qui diffusent un formulaire collectif auprès
des mairies, des casernes de sapeur-pompiers et des gendarmeries.
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