Hautes-Pyrénées
- Dynamitage des anciens bâtiments EDF à Barèges.
Les dernières vérifications achevées, les hommes
du 17e Régiment de génie parachutiste de Montauban évacuent
les alentours du vieux bâtiment EDF pour regagner le refuge
de la Glère trois cents mètres plus haut, vers 2100
m d'altitude. Quelques militaires seulement restent sur le site, à
l'abri dans un blindé d'où ils effectueront la mise
à feu des 190 kg de plastic qui truffent l'édifice.
Le décompte est donné par radio: dix minutes, cinq
minutes, deux minutes... Un coup de Klaxon annonce la dernière
minute, quelques secondes avant l'explosion, les militaires se bouchent
les oreilles et attendent de voir leur travail récompensé.
Soudain, c'est la détonation. Le bâtiment vole en éclats,
accompagné d'un souffle puissant qui résonne dans
toute la vallée, puis une énorme volute de fumée
et de poussière s'élève. La moitié du
bâtiment EDF n'est plus qu'un tas de gravats, tout comme celui
qui lui faisait face et qui a subi le même sort précédemment...
Ces édifices, vieux de plus de cinquante ans, étaient
jusqu'à hier la propriété de la commission
syndicale de la vallée de Barèges. Cette dernière
ne savait que faire des deux constructions, inesthétiques,
insalubres et dangereuses, dont la réhabilitation aurait
coûté trop cher. D'où l'idée, l'année
dernière, de faire appel à l'armée, qui a rapidement
donné son accord. " C'est une opportunité
très enrichissante, l'occasion de mettre en application notre
savoir-faire en conditions réelles. Et puis il est rare d'avoir
à démolir des bâtiments de cette dimension,
environ 50 m sur 10 ", explique le capitaine Franck Sanchez,
qui commande la trentaine de militaires de la 3e compagnie du 17e
RGP. Depuis mercredi, " les jaunes ", comme on
les appelle, s'affairent sur le site, à proximité
du lac de la Glère, dans un esprit tout à la fois
décontracté et rigoureux. L'opération est un
véritable cas d'école: les murs en granit, d'une épaisseur
de 60 cm, sont particulièrement résistants et la construction
renforcée par des murs de soutènement et des poutres
en béton armé. D'autre part, il était impératif
d'épargner les installations EDF alentour. Calcul des charges
à l'économie, forages dans les parois... il aura même
fallu incendier les bâtiments, avec la participation des pompiers,
pour détruire les parties légères qui auraient
pu être projetées au loin.
Aujourd'hui, la seconde partie du dernier bâtiment devrait
être pulvérisée. En tout, ce sont près
de 650 kg d'explosifs qui ont été utilisés
pour rayer ces vestiges du paysage. Tout le monde s'en satisfait,
à commencer par le maire de Barèges, Jean-Claude Crampe,
qui envisage d'étendre ce type de collaboration avec l'armée
" à toutes les constructions qui méritent
le même sort ". L'accord de principe est pratiquement
acquis, comme le confirme le colonel Daniel Lavigne, instigateur
de l'opération, côté militaire : " D'un
point de vue administratif, les autorisations ne sont pas difficiles
à obtenir et nous pourrions prochainement dresser un inventaire
des installations à nettoyer ", confie-t-il.
L'année prochaine, à la même époque,
certaines fondations de pylônes et autres constructions bétonnées
inesthétiques pourraient connaître la même fin.
|