Environnement
- L'Ariège elle aussi connaît la crise climatique.
Depuis un siècle et demi, la Terre est entrée dans le
"Grand âge tropical" : tous les indices géophysiques
concordent et le fameux "réchauffement de la planète"
n'est pas simples propos de scientifique en mal de reconnaissance.
Les grandes calottes glaciaires du Groënland et de l'Arctique
se réduisent: une île de glace "grosse comme la
moitié de la Corse" dérive dans les océans
des Antipodes, alors que dans les massifs de l'Himalaya et des Alpes,
les observateurs parlent de "fusion". Et nos chères
Pyrénées n'échappent pas à ce bouleversement
climatique général.
Comme le montre parfaitement l'étude récente menée
par Pierre René, qui affirme que " d'ici vingt ou
trente ans, la glace aura disparu des Pyrénées
".
Dépêchons-nous donc d'aller admirer tant qu'il en est
encore temps le " pauvre
" glacier du Valier!
D'autres signes, peut-être plus visibles aux yeux des profanes,
ne trompent pas. Michel Sébastien, pyrénéiste
confirmé et observateur constant de la faune et de la flore
ariégeoises, rappelle que " les plantes chaudes "
remontent " vers le Nord et colonisent les montagnes. Lavandes
et chênes verts sont en expansion. Nous avons donc une méditerranéisation
relative de l'espace aquitain... tout comme les insectes du Sud
envahissent la vallée du Rhône puis l'Alsace. Les oiseaux
ont eux aussi ressenti cette mutation, puisque l'étourneau
de notre région, jadis migrateur, s'est sédentarisé,
et que la palombe est de moins en moins en partance... car elle
a moins froid! ".
Qui n'a pas dans sa famille un aïeul qui répète
à qui veut l'entendre que " de mon temps, il neigeait
plus! "... et bien, globalement, en Ariège, le constat
est réel. Pluie et neige sont moins abondantes comme les
relevés de la station de Météo France de Saint-Girons
- Antichan en attestent: les précipitations sont passées
de + 1 mètre à - 1 mètre... quant aux stations
de ski ariégeoises, elles ont toutes investi dans les canons
à neige.
Mais la grande caractéristique de la " crise climatique
" est le bond des températures: le Globe aurait pris
1,5° en cent cinquante ans; l'Ariège + 2°. Une augmentation
qui n'est pas anodine, les météorologistes saint-gironnais,
toujours eux, ayant enregistré une augmentation de 0,8°
en quarante-cinq ans à peine: énorme à l'échelle
du temps! " Un phénomène qui semble s'accélérer
et atteindre le rythme de + 2° par siècle, note Michel
Sébastien. Si l'on extrapole! Mais peut-on extrapoler? La
température annuelle moyenne passerait dans l'Ariège,
vers 2100, à près de 15°, contre 12,5° aujourd'hui
".
Comment en est-on arrivé là? La faute à la
pollution? Peut-être!
Il est certain que le réchauffement, s'il n'est pas un phénomène
nouveau, connaît une accélération extraordinaire
du fait de l'augmentation de la population (à l'époque
ou la grotte de Niaux était habitée, soit à
l'ère magdalénienne, il y a environ 15.000 ans, l'espace
correspondant à la France d'aujourd'hui comptait environ
dix mille individus migrateurs... contre plus de soixante-cinq millions
de sédentaires maintenant!) et celle des rejets de gaz carbonique
dans l'atmosphère. Rejets qui favorisent la montée
des températures, accélèrent la croissance
de la végétation et offrent à certaines zones
froides du globe (Sibérie, Scandinavie, Canada... et à
une moindre échelle, les montagnes ariégeoises) un
réchauffement conséquent.
Y-a-t-il péril en la demeure? Au niveau planétaire,
certainement. Mais à très long terme...
Chez nous, il semble que la désertification et la canicule
ne soient pas une crainte pour quelques générations
encore. Même si les glaciers de l'Ariège seront du
domaine des souvenirs en 2050.
Le glacier recouvrait Foix... il y a 18.000
ans!
En 1961, la station météorologique de Saint-Girons
- Antichan relevait une température annuelle moyenne de 11,5°
C. L'an passé, les mêmes relevés indiquaient
une moyenne de 12,5° C. Depuis 1997 (13,5°), la température
moyenne n'est jamais descendue au dessous de 12,3° (1998 et
1999), avec 12,7° enregistrés en 2000. Foix et la plaine
s'étendant vers le Nord étaient recouvertes par le
glacier du pic d'Estât, culminant à 3.143 mètres...
il y a 18.000 ans de cela!
La synthèse de l'enneigement de la partie orientale des
Pyrénées (Ariège comprise) montre que depuis
1895, après une période dite de " bon enneigement
" s'étirant jusqu'aux années 1920, puis deux
autres " moyenne " (1920 à 1930) et "
mauvaise " (1930 à 1944), une " crue
" était notée dans les années 1950. Depuis,
après une nouvelle vingtaine d'années " moyennes
" (1960 à 1980), c'est la médiocrité de
l'enneigement que l'on relève.
Principalement à partir de 1990, avec des chûtes de
neige les plus basses enregistrées depuis plus d'un siècle.
En 1870, l'ensemble de la chaîne des Pyrénées
comptait 39 km² de glaciers; contre 5 km² en 2000. Une
surface englacée qui aura totalement disparu en 2020-2030.
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