Hautes-Pyrénées
- Une enquête a été commandée par la communauté
de communes de Gavarnie-Gèdre pour créer une liaison
avec Torla, Espagne. C'est un bureau d'études toulousain (MC2)
qui a été retenu pour cette enquête de faisabilité
en association avec d'autres cabinets.
L'idée d'une liaison entre la vallée de Torla
et le vallon des Especières, où se trouve la station
de ski de Gavarnie, est née côté espagnol il y
a quelques années. A l'origine, les communes de Torla et Broto
souhaitaient développer la fréquentation hivernale,
en permettant l'accès vers les pistes de ski françaises;
et décongestionner le canyon d'Ordessa l'été,
partageant ainsi le flux touristique avec la station de Gavarnie.
C'est donc en Aragon que les premières études de marché
et de faisabilité ont été menées, tandis
que les élus de Torla et Broto soumettaient leur réflexion
à leurs homologues français. Depuis quelques mois, la
démarche s'est accélérée, la communauté
de communes de Gavarnie-Gèdre et les villes de Torla et Broto
s'étant accordées sur la nécessité d'une
vaste étude.
Depuis quelques semaines, un groupement de cabinets toulousains
étudie la possibilité d'une telle liaison. "
On n'est pas du tout persuadé que l'idée soit viable,
mais elle mérite d'être étudiée ",
confie Michel Rouffet, responsable de l'antenne pyrénéenne
du Service d'étude de l'aménagement touristique en
montagne (SEATM), un organisme de Conseil de l'Etat. Malgré
l'éventualité d'un abandon du projet - si les conclusions
le recommandent - la communauté de communes de Gavarnie-Gèdre,
avec la participation des deux communes espagnoles, doit tout de
même financer l'étude, dont le coût s'élève
à plus de 120.000 €. Les instigateurs de l'enquête
espèrent cependant recevoir l'appui financier de l'Europe,
de l'Etat, de la région et du département.
" Pour l'instant, on ne sait rien, on commencera à
en apprendre un peu plus à la fin de l'année 2002,
et les conclusions définitives ne seront rendues qu'au printemps
2003. Actuellement, rien n'est encore fait, si un projet de liaison
est retenu, il faudra encore l'aval du Parc national et l'autorisation
de la préfecture ", rappelle prudemment Marcel Prissé,
le maire de Gèdre et président de la communauté
de communes Gavarnie-Gèdre.
La liaison Gavarnie-Torla soulève trois problématiques:
économique, technique et environnementale. " Un tel
projet demanderait des investissements lourds, et nous ne sommes
pas certains de sa rentabilité ", précise
Marcel Prissé. Cependant, Michel Rouffet laisse entendre
que les retombées économiques pourraient être
importantes : " Ce n'est pas inintéressant en hiver,
la station de Gavarnie récupérerait la clientèle
espagnole ".
Encore faut-il surmonter les difficultés techniques. "
Evidemment, le passage au niveau de la crête serait difficile,
et il faudrait peut-être envisager une percée, un tunnel
", s'interroge le maire de Gèdre. Par ailleurs, l'idée
d'utiliser la télécabine autrefois en service sur
le site de l'Exposition universelle de Séville a longtemps
courue, mais Michel Rouffet estime qu'il s'agit d'un projet "
peu sérieux, cet équipement n'est pas conçu
pour un fort dénivelé ".
Enfin, les instigateurs de l'étude souhaitent privilégier
un développement durable, en tenant compte de la fragilité
du site, mais aussi de l'aspect culturel d'une telle liaison. "
Nous avons des liens commerciaux et culturels ancestraux avec
la vallée de Torla, la frontière n'a jamais vraiment
existé ", rappelle Marcel Prissé. Aujourd'hui,
il faut encore parcourir 150 km de route pour rallier Torla. La
mise en place d'une liaison mécanique rapprocherait considérablement
les deux sites.
|