En effet, à Mijanès,
Boutxy a refait surface ces derniers jours pour le plus grand bonheur
de l'équipe technique de l'ours. " Boutxy est un des
oursons de Melba (tuée en 1997 par un chasseur). C'est désormais
un mâle solide de 200 kg et avec une hauteur au garrot de 90
cm ", estime Pierre- Yves Quenette, responsable du projet
de suivi de l'ours dans les Pyrénées. " Il était
en hivernation depuis début novembre dans une tanière
située à 2.000 m d'altitude sur la commune de Mijanès
".
Pour les ours, on parle plus d'hivernation que d'hibernation. "
La respiration de l'animal se fait plus lente, sa température
descend de deux à trois degrés et le rythme cardiaque
se ralentit. Nous avons pu localiser Boutxy grâce à l'émetteur
intra-abdominal qu'il porte depuis 1998 ".
" Nous avons eu la chance de le voir une première fois
furtivement à la mi-janvier. Dès lors, nous nous sommes
postés à l'affût à quelques 800 mètres
de sa tanière pour mieux observer ses allées et venues
".
" Depuis trois semaines, ces sorties de tanière
s'intensifiaient ", souligne le biologiste. " Son
appétit revenant progressivement, Boutxy a élargi
son cercle de recherche de nourriture jusqu'à atteindre une
distance de 1,5 km autour de sa tanière. Pour la première
fois depuis la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées,
nous avons pu le filmer et le photographier. "
Les images de cet ours magnifique se grattant le dos contre des
arbustes ou jouant dans la neige fraîche ont constitué
des moments d'émotion inoubliables pour ces biologistes qui
passent leur vie à étudier les plantigrades. "
Entre deux recherches de nourriture, Boutxy joue à faire
des boules de neige, prend un bain de soleil ou monte aux arbres
", indique Pierre-Yves Quenette. " On pense qu'il va
bientôt se mettre en route pour gagner des territoires où
la nourriture est plus abondante. Des bourgeons, des fruits et des
baies sauvages représentent pour le moment l'essentiel de
son alimentation ".
Pour le moment, car avec le réveil de Boutxy, celui de ses
camarades ours ne devrait pas tarder et immanquablement, "
des attaques de troupeau de brebis durant les estives sont probables
", reconnaît le chercheur. " C'est dans la logique
des choses. Toutefois, quand l'ours attaque, c'est toujours pour
se nourrir pas pour massacrer ".
Hier après-midi, l'équipe technique de l'ours n'est
pas parvenue à localiser Boutxy. Ce dernier a donc vraisemblablement
mis les voiles en quête de nourriture ou de compagnie.
D'ici à juin, on devrait donc à nouveau entendre
parler comme chaque année depuis la mise en place du programme
de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées,
d'attaques sur les ruchers et les troupeaux de brebis de la haute-Ariège.
Boutxy a refait surface. Pro et anti-ours ne devraient pas tarder
à lui emboîter le pas.
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