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Neuf heures mardi soir, quatre heures hier matin. A deux reprises
un ours a frappé le troupeau de 1300 ovins, sur l'estive
du plateau de Beille. " On a entendu à chaque fois
le bruit des cloches, le troupeau était épouvanté
" explique Louis Caralp. Il a 150 bêtes sur l'estive,
mais il fait aussi office de pâtre depuis quelques jours.
Au petit matin, le bilan est lourd. Deux brebis sont mortes, une
cinquantaine disparue. " Elles avaient un an, elles auraient
peut-être fait cinq agneaux dans l'année! Il y a au
moins pour 5000 francs de perte. On ne va jamais nous indemniser
tout ça ".
Sa voix tremble, dans un mélange de colère, de révolte
et d'émotion. " Le lâcher des ours est incompatible
avec l'élevage, c'est la ruine de la transhumance. Je demande
à nos élus de prendre des mesures ".
Les experts de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage
sont venus constater les dégâts. Bien malgré
eux, ils sont pris à partie par l'éleveur désespéré.
Toute la matinée, Louis Caralp a couru à la recherche
des bêtes. " Pensez-vous, il y a plus de 300 hectares,
alors... Et en plus des cinquante disparues, si ça se trouve
on va avoir trente bêtes qui vont avorter à cause du
stress ".
Pendant ce temps, les experts se font discrets. Ils s'affairent
autour d'une des brebis. Ou plutôt de ce qu'il en reste. «
C'est bien l'ours qui l'a tué. Et l'autre probablement aussi
».
Les deux brebis ont été retrouvées séparées
de plusieurs centaines de mètres. L'une a été
presque entièrement " nettoyée ".
Il ne reste plus que la tête, la peau et les côtes.
La deuxième a été juste entamée.
" S'ils veulent des ours, ils n'ont qu'à créer
un parc avec des clôtures. Les éleveurs n'en peuvent
plus " assure Louis Caralp.
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