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L'ours dans les Pyrénées
Ours, une si longue marche
Le 24/08/2002 La Dépêche site internet : La dépêche.com Pascal Jalabert

Le 18 mai 1996, la première ourse slovène était lâchée. Depuis deux autres ont été lâchés et quatre petits sont nés.
C'est le septième été des ours réintroduit dans le massif.
Le bilan de ce retour reste sujet à polémique.

A cet endroit, la Garonne est encore un torrent qui roule des cailloux espagnols. A gauche avant le Val d'Aran, dans l'ultime kilomètre de France sur la nationale 125, juste après le poste de douane désaffecté, un chemin s'enfonce vers la montagne boisée de Melles. II conduit au mémorial des ours. Au milieu d'une futaie fraîche et agréable, un mur, une plaque et trois effigies d'ours désignent l'endroit où ont été lâchés au printemps 1996 et en 1997, les trois fauves slovènes destinés à réintroduire le plantigrade dans les Pyrénées centrales. Quelques curieux s'arrêtent ici, en allant ou en revenant de faire le plein d'essence et de pastis sous-taxés, de graines de tournesols et de boules d'anis en sachet, dans les " supermercados " bondés de Lés et Bossost.
Voilà maintenant sept étés que les ours sont revenus dans les Pyrénées centrales à grands frais et à grand fracas (lire encadré).
" Que nous a apporté le retour de l'ours ? La valorisation des Pyrénées à travers son image demande des moyens à hauteur de l'enjeu ", explique Alain Reynes, directeur de l'association Adet, à l'origine de la réintroduction des ours dans les Pyrénées centrales. " Pour le moment, l'augmentation de la fréquentation liée à l'ours n'est pas sensible mais l'opération " Pays de l'ours " a permis de sauver l'espèce en doublant la population (voir encadré), d'améliorer l'image du massif, la qualité de l'accueil et la satisfaction du client pour les professionnels du pays de l'ours ".
Très prisés des vacanciers, les sets de tables, brochures et sites internet racontant l'histoire de l'ours dans les Pyrénées confirment la puissance de communication de la bête et le cachet exo tique et unique qu'elle apporte au massif. Mais tout cela ne se traduit pas en plus-values et en emplois. Quant au projet zoologicotouristique de grand parc de vision, des ours en site naturel, il a été abandonné.
En terme d'engouement et de retombées, la réintroduction n'est en rien comparable avec le succès enregistré par la même opération dans les Abruzzes italiennes. Là bas, l'ours attire les randonneurs, remplit les hôtels et tel Mozart à Salzburg, Bernadette à Lourdes, Elvis Presley à Memphis, est omniprésent dans les boutiques, sur les tee-shirts, boîte de dragées, souvenirs à deux euros qui font de la neige quand on les tourne. Cela dit, la réintroduction remonte à 16 ans et ce massif est un Parc national dédié à la randonnée, au sport en montagne et à la nature beaucoup moins vaste et moins peuplé que les Pyrénées centrales où la polémiquefait rage depuis sept ans.
Entre les partisans de la réintroduction regroupés autour de l'Adet, et les éleveurs victimes des dégâts des ours refusant, becs et griffes dehors, toute cohabitation, le conflit a été arbitré en 2001 au sommet de l'Etat : le Conseil constitutionnel a annulé l'amendement à la loi chasse du député ariégeois Augustin Bonrepaux, demandant le retrait des plantigrades.

Silence inquiétant
Cette année, les ours sont passés plus discrètement. " D'une part, tout le monde a bien compris que les ours resteraient là, d'autre part les mesures d'accompagnement proposées aux éleveurs produisent leur effet. Les populations locales sont majoritairement favorables à la présence de l'ours ", estime Alain Reynes. Depuis deux ans, les pouvoirs publics n'ont pas ménagé leurs efforts pour faire accepter la présence de cette faune sauvage aux éleveurs. Subventions pour l'embauche de bergers, mise à disposition de chiens patou, clôtures de protection, radiotéléphones : plus de 280 exploitants ou groupements ont bénéficié de ces mesures. En même temps l'Adet, a lancé une charte de qualité " pays de l'ours ". Elle a rallié plus de 100 professionnels. Des artisans, des aubergistes, des spécialistes de la randonnée, des apiculteurs, et même des éleveurs qui ont créé une association pour la cohabitation pastorale basée... en Ariège.
Mais la majorité, devenue volontairement silencieuse, des éleveurs demeure hostile à la présence de l'ours. " Certains ne signalent plus les dégâts. Plus on proteste, plus on passe pour des méchants et on mobilise le camp d'en face. On se tait et on verra bien... ", analyse Francis Ader, éleveur ovin en Luchonnais.

Mais toujours le débat
" C'est facile d'applaudir et de mettre des autocollants à la gloire de l'ours quand on ne l'a pas chez soi. Nous avions décidé de ne plus réagir. Mais les deux ours ont fait de notre canton leur garde manger. Cela ne peut pas durer ", grogne Bernard Bergé, maire d'Orgeix en Haute-Ariège. Sur les hauteurs d'Ax-les-Thermes, de la Dent d'Orlu aux estives d'Aston, les maires de sept communes réclament encore cette année le retrait des plantigrades : " L'ours? Rien de positif. Qu'on nous en débarrasse. A cause de lui, les éleveurs dont les brebis s'éparpillent désertent les estives sur lesquelles nous avions investi. Les randonneurs passent en mairie pour demander où il se trouve et se détournent de ces secteurs. En tant qu'élu, on ne parvient pas à trouver d'interlocuteurs auprès de la Direction régionale de l'Environnement et dans les préfectures. Tout le monde se défile sur le sujet ", renchérit Bernard Bergé qui, comme les éleveurs, ne serait pas étonné que certains " envisagent d'autres solutions... ". En sept ans, les ours n'ont pas été totalement adoptés.
Car tant que l'impact économique attendu restera en hibernation, l'ours échauffera les esprits montagnards.

Le prix du plantigrade
Financée au départ par le programme européen Life, l'opération a coûté en Investissement 2 millions d'euros, soit 15 MF, (19961998), et demande depuis des frais de fonctionnement pris en charge par l'Etat. Pour 1999 et 2000, lis ont oscillé autour de 3 millions de francs annuels dont une partie consacrée à l'indemnisation des dégâts mi-juillet 2002, les dossiers relatifs aux dégâts étaient moins nombreux qu'en 2000 et 2001. En moyenne un éleveur perçoit pour une brebis tarasconaise tuée par l'ours de 115 € (750 francs) pour l'animal, autant pour le dérangement le tout majoré de 2,5 % pour le manque à gagner. Soit entre 230 et 245 € (1.500 et 1.600 francs). Ce montant est trois fois supérieur à celui versé pour une brebis égorgée par un chien errant (ils tuent huit fois plus de moutons que les ours) et dépasse le prix de vente de la brebis.
Côté animations et développement autour du thème de l'ours, l'Adet multiplie les événements culturels et les projets comme les automnales qui auront lieu en octobre à Massat (09), Arbas (31) et Nistos (65). Une action aux moyens et donc aux ambitions limitées. Sept ans après la réintroduction et les mesures de protection, les promoteurs de l'ours en Pyrénées demandent surtout aux collectivités locales et à l'Etat les moyens de promouvoir et d'organiser le développement.

Au moins onze animaux se promènent sur le massif
Les équipes françaises et espagnoles chargées du suivi de l'ours dans le massif ont trouvé trace cette année de onze ours dans les Pyrénées, cinq de souche autochtone (quatre mâles pour une femelle), et six issus de la réintroduction en Pyrénées centrales (quatre mâles pour deux femelles). Ces derniers pourraient néanmoins être sept voire huit car un individu très jeune à été vu en 2001 en Espagne, et un autre à Miramont-de-Comminges, aux portes de Saint-Gaudens, en mai dernier.
On n'a pas trouvé par la suite la moindre trace de ces plantigrades, qui pourraient être issus de la seconde portée de l'ourse Ziva en 2000.
Le repérage devient plus compliqué au fil des années car les quatre techniciens des fédérations de chasse doivent désormais se fonder sur les traces de passage (empreintes, destruction de fourmilières, excréments...), ou les témoignages de personnes qui ont vu l'ours. Les colliers-émetteurs dont avaient été équipés certains plantigrades sont en effet tombés ou n'émettent plus. Selon ces repérages, six ours se trouveraient donc dans les Pyrénées-Atlantiques, les cinq pyrénéens de souche plus Néré, né de Melba, la première ourse slovène introduite en 1996 et abattue un an plus tard par un chasseur. L'un des autochtones, la femelle Cannelle, vagabonde parfois dans les Hautes-Pyrénées.
Le val d'Aran (Espagne) accueille les deux adultes nés en Slovénie et lâchés à Melles, la femelle Ziva et le mâle Pyros, parents d'au moins deux mâles adultes (Boutxy et Kouki). Si Ziva est bien fixée dans les massifs aranais, Pyros passe régulièrement en Barousse et en Haute-Garonne. Plus à l'est, l'autre femelle, Caramelles, a été repérée au printemps dans le Mont Valier (Ariège). Elle n'est pas suitée. Les deux autres mâles âgés de cinq ans, Boutxy et Kouki, ont traversé toute l'Ariège et se sont installés sur les hauteurs d'Orlu, le second étant parfois repéré dans les Pyrénées-Orientales au dessus des Angles.

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 [L'OURS DANS LES PYRÉNÉES]

  19/12/2008
Le groupe d'études a planché sur trois axes : les zones préférentielles, la compatibilité entre la présence de l'ours et les autres activités montagnardes et la gestion de sa présence
10/12/2008 [Des nouvelles de Balou]
05/12/2008 [Les dégâts d’ours sont cette année deux fois inférieurs à ceux de 2007, soit une baisse de 52%]
17/11/2008 [L'Espagne renonce à capturer l'ourse Hvala]
06/11/2008 [Premiers résultats des analyses génétiques "ours" 2008. Ce document nous apporte un premier lot d'informations sur la population d'ours]
24/10/2008 [Val d'Aran: Un retraité de 72 ans, qui participait à une battue au sanglier, a été attaqué par un ours, probablement Hvala]
01/10/2008 [l’ours Balou est en voie de guérison]
24/09/2008 [Des pièges inoffensifs ont été mis en place pour capturer et soigner Balou, l'ours slovène blessé par un chasseur le 10 septembre dernier lors d'une battue au sanglier près de Prades (Ariège)]
07/09/2008 [Un ours a été blessé dimanche par un chasseur lors d'une battue au sanglier près de Prades (Ariège) et l'animal, blessé, était recherché par des équipes de suivi technique des plantigrades]
04/09/2008 [Un ours boitant a été observé en Haute Ariège. Des analyses diront peut être s'il s'agit de l'ours percuté par un minibus le 15 août dernier sur la RN20]
28/08/2008 [Où l'on découvre que le moucheron est un plus grand prédateur que l'ours. Pays de l'Ours-Adet dénonce la piteuse mascarade de l'Aspap]
19/08/2008 [Malgré les recherches entreprises par des membres de l'ONCFS, aucune nouvelle de l'ours qui a percuté vendredi matin, un minibus sur la RN 20, à Mérens-les-Vals]
Archives 2007 [Les nouvelles pour l'année écoulée]
Archives 2006 [Les nouvelles pour l'année écoulée]
Archives 2005 [Les nouvelles pour l'année écoulée]
Archives 2004 [Les nouvelles pour l'année écoulée]
Archives 2003 [Les nouvelles pour l'année écoulée]
Archives 2002 [Les nouvelles pour l'année écoulée]
Archives 2001 [Les nouvelles pour l'année écoulée]

 [PIC DU MIDI DE BIGORRE]

  12/11/2008
EDF et la société Trilogie ont mis au point un logiciel de Gestion technique centralisée, qui permet de gérer facilement et automatiquement, pièce par pièce, l'éclairage, le chauffage et les machineries
24/09/2008 [Une réserve de ciel étoilé pour le Pic du Midi]
15/07/2008 [Festival "Piano Pic": du 15 au 26 Juillet, l'ambition est de partager et faire vivre la musique classique hors des traditionnelles salles de concert]
15/12/2007 [Le 15 décembre 1957L'émetteur du Pic du Midi était mis en service sur un simple coup de fil du secrétaire d'État à l'information passé depuis le salon de la radio et de la télévision de Toulouse]
18/09/2007 [Dimanche 9 septembre, l'observatoire du pic du Midi a vu l'inauguration de Climso, un coronographe ultra-perfectionné]

 [FIGURES PYRÉNÉENNES]

Jean Arlaud 1896-1938 [Lire le portrait]
  Adrien Baysselance 1829-1907
Nommé d'abord élève ingénieur des ponts et chaussées, il opta pour le Génie Maritime et entra à l'école d'application de Lorient. En 1850, il devient sous ingénieur à Brest, puis en 1854 à Rochefort, et, en l859 détaché à Tarbes, au service des recettes des bois de la Marine dans le bassin de la Gironde. C'est par ce motif qu'il devint un fin connaisseur de différents massifs pyrénéens.
Charles Packe 1826-1896 [Lire le portrait]
Franz Schrader 1844 - 1924 [Lire le portrait]
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