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Roger de Monts, né le 20 mai 1850, est issu d'une vieille
famille béarnaise et bigourdane. Il vécut au château
de Bellegarde, près de Masseube (Gers). Sa vocation de montagnard
de premier ordre s'affirma à la suite d'un amour contrarié,
son père s'étant opposé à son mariage.
Roger de Monts décida d'attendre la disparition paternelle.
Il passa du niveau des excursions familiales à celui des
grandes premières et fit de nombreuses ascensions, dont seule
une partie nous est connue car il écrivait peu.
De 1871 à 1895, il fut l'un des meilleurs grimpeurs de son
époque et l'un des pionniers du Pyrénéisme
moderne. Il se spécialisa d'abord dans les ascensions hivernales
dont il fut le précurseur. Cette vocation lui est venue en
se joignant à Nansouty pour fêter le nouvel an, au
pic du Midi, le 31 décembre 1875.
Le 1 mars 1879, il fit la première hivernale de l'Aneto,
avec Courrèges et Paget. Le 23 décembre 1879 il réalise
l'ascension du Mont Perdu, avec les guides Haurine et Junté.
En janvier 1880, avec Célestin Passet, ils atteignent les
sommets du Malibierne et des Posets.
L'année suivante, toujours en hivernale, il gravit avec Célestin
Passet le Mont Valier, le Balaïtous. Avec Chappelle, ce sera
la première hivernale de la Munia, le pic de Néouvielle.
Enfin, à nouveau avec Passet, il enchainera les 3000 de Gavarnie:
Taillon, Tour, Cylindre.
Vers 1888, il réalise la première hivernale du pic
du Midi d'Ossau, avec un guide et un porteur. Enfin, en compagnie
de Passet et de François Bernart-Salles, il escalade la face
nord du Mont Perdu par sa grande cascade de glace.
Le point culminant de sa carrière fut la première
du Couloir de Gaube avec Brulle et Bazillac, le 7 août 1889.
Roger de Monts a laissé son nom à une voie très
particulière du cirque de Gavarnie : La voie de Monts. En
1896, il abandonnait la montagne pour se marier. Il meurt le 29
décembre 1914, à Montbardon (Gers).
La voie de Monts
Elle permet d'accéder au déversoir de la Grande Cascade,
depuis le fond du cirque de Gavarnie. C'est Russell qui eut, le
premier, l'idée de cette course insensée : une voie
directe pour arriver du fond du cirque à l'origine de la
Grande Cascade de Gavarnie.
Mais sa tentative faillit se terminer tragiquement : ayant atteint
la Brèche des Druides, il est séparé de la
cascade par un mur vertical comme les Tours de Notre-Dame. Il doit
rebrousser chemin et éprouve les plus grandes difficultés
pour regagner les Rochers Blancs. Il était monté trop
haut. C'est en restant plus bas qu'en 1887, de Monts, Bazillac et
Célestin Passet passèrent presque horizontalement
de l'origine de la cascade aux Rochers Blancs, après avoir
parcouru les Arceaux. La partie supérieure de la voie ayant
été reconnue, Roger de Monts et Célestin Passet
revinrent l'année suivante explorer la partie inférieure
et ouvrir ainsi la voie intégrale depuis la base des murailles
du cirque jusqu'au déversoir de la cascade.
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