Toussaint Lézat, né
le 24 octobre 1804 à Thil (Haute-Garonne), mort en 1884, est
un géomètre et pyrénéiste français,
connu pour avoir fait de nombreuses ascensions dans la région
de Luchon et avoir réalisé un plan en relief des montagnes
du Luchonnais.
Toussaint Lézat est géomètre du cadastre. Il
préfère se présenter comme ingénieur civil.
C'est un excellent grimpeur, passionné par la montagne et y
faisant de fréquentes ascensions, principalement dans les environs
de Luchon.
Le 29 août 1844, deux ans après les première et
deuxième ascensions de l'Aneto, réalisées consécutivement
par l'équipe Tchihatcheff et Franqueville, Lézat, accompagné
d'un M. Augère, de Muret, et des guides Nate, Ursule et Estrejo,
effectuent la troisième, en deux jours, avec une étape
à la Rencluse : format désormais classique.
En 1850, Lézat fonde la première compagnie des guides
de la Maladeta à Luchon.
En 1858, Lézat réalise les cartes, plans et tableaux
pour un ouvrage du docteur Lambron, une des figures du Luchon de
l'époque : "Les Pyrénées et les eaux
thermales sulfurées de Bagnères-de-Luchon",
Paris, Napoléon Chaix, 1860.
Il a ascensionné l'Aneto, la Maladeta (croyant être
le premier, l'ascension de Parrot étant tombée dans
l'oubli). Toujours avec Jean-Marie Redonne dit "Michot",
il arrive au pic du Milieu. Puis le Sauvegarde, le pic de la Mine
en 1866. Le petit mais très aigu pic de la Pique, en 1850,
lui a valu une réputation de casse-cou. La légende
voulait que Lézat eut laissé au sommet une gourde
de rhum, et que Michot aurait refait l'ascension pour aller la boire.
Il conquiert ainsi tous les sommets du cirque du Lys : Maupas, Quayrat
(déjà atteint, dans la discrétion, par les
géodésiens), les Crabioules (1852), le pic Intermédiaire
ou pic du Passage, entre Crabioules et Quayrat, qui s'appelle aujourd'hui
pic Lézat, le Perdiguère, le pic du Port d'Oo, le
pic de Boum (1858).
Au sommet du Quayrat, il est frappé par la vue qui s'étend
sous ses yeux, et il conçoit son grand projet : réaliser
un plan en relief de ces montagnes. À ce moment, il n'existe
aucune carte digne de ce nom qui pourrait servir de base à
ce plan : précisément, les officiers géodésiens,
mandatés par l'armée pour dresser les futures cartes
d'état-major, opèrent sur le terrain : il s'agit pour
eux de monter sur les principaux sommets, d'y élever des
tourelles qui serviront à des visées permettant, par
triangulation, de calculer angles, distances, altitudes. Les géodésiens
rencontreront souvent Lézat, occupé aux mêmes
tâches qu'eux, puisqu'il ne fait qu'exercer son métier
pendant ses loisirs. La zone couverte par Lézat, de Benasque
à Saint-Gaudens, fait cinquante-sept kilomètres de
long, vingt-cinq de large. Soit un plan à l'échelle
horizontale du 10 000e, de du 5 000e d'échelle verticale,
de 6 mètres de long, 2,50 mètres de large, et 70 centimètres
de hauteur maximum.
Lézat décide de travailler son plan à vue
: il emporte avec lui une partie de son plan, découpé
en seize morceaux, et le travaille comme un peintre ou un sculpteur
devant son modèle. Il est assisté dans cette tâche
par les guides luchonnais Jean Redonnet dit Michot, Bertrand Lafont
et son fils Bernard. L'hiver, chez lui à Toulouse, Lézat
modèle les éléments du décor : arbres,
maisons, granges, églises. Enfin le monument est achevé
en 1855. Il part aussitôt à Paris, où il est
exposé pendant dix jours à l'Institut, puis boulevard
des Capucines. La brochure de l'exposition se termine par cette
phrase : "C'est l'uvre de Dieu, patiemment analysée
par l'homme de la science, et reproduite avec amour par l'homme
de l'art". Le plan est ensuite ramené à Luchon,
pour être installé dans les nouveaux thermes. Désormais
Toussaint Lézat devient un guide intarissable, commentant
devant son plan toutes ses ascensions et partageant sa connaissance
des montagnes luchonnaises avec les visiteurs. Aujourd'hui, le plan
Lézat est au Musée de Luchon, allées d'Étigny.
Lézat est définitivement l'homme du Luchonnais, dont
il a gravi tous les sommets, et la plupart, pour la première
fois.
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