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Il naît à Paris le 2 mars 1860, seul survivant d'une
fratrie de 5 enfants morts en bas âge. Diplômé
en Lettres, doté d'un esprit curieux, il se consacre à
des activités aussi diverses que l'histoire, la poésie,
le journalisme, l'exploration, la spéléologie ou la
photographie.
En 1880, il est incorporé au 51e régiment dinfanterie
de ligne à Beauvais. La vie militaire ne le satisfaisant
pas, il déserte et senfuit en Belgique, où il
va passer quatre années. À son retour en France, il
est traduit en conseil de guerre et condamné à deux
ans de travaux forcés, puis grâcié et affecté
au 11e régiment dinfanterie, pour un an, en Afrique.
En 1886, enfin libéré, il revient dans sa famille
à Charly-sur-Marne et pratique la photographie.
En 1887, au décès de son père dont il est
l'unique héritier, il mène une existence de petit
rentier et décide de se lancer dans l'exploration de la cordillère
pyrénéenne sur les traces de Ramond de Carbonnières.
Il sera par la suite secrétaire de la Société
de Spéléologie. Il découvre les Pyrénées
en 1889, au cours d'un séjour à Gavarnie. Pris de
passion, il y revient assez régulièrement, devient
membre du CAF et entreprend dexplorer méthodiquement
le massif, y réalisant de nombreuses photographies. Il publie
des articles dans des revues spécialisées et donne
des conférences accompagnées de projections. La Société
Géographique de Paris lui fait un accueil triomphal.
Mais Briet saperçoit rapidement quil est arrivé
un peu tard sur la scène du pyrénéisme, la
plupart des pics ayant été explorés et étudiés.
Il laisse tout de même quelques bons écrits sur le
versant français, puis il tourne son regard vers l'Aragon
si proche et pourtant méconnu. Ce pays de défilés,
gorges et grottes a tout pour lattirer. Il entreprend de le
visiter en 1902, puis en 1903, par des séjours assez brefs
(environ une semaine). À partir de 1904, ses campagnes sont
plus longues, un mois et demi chaque année, jusquen
1911 où il reste 70 jours afin de compléter son programme
d'explorations.
Tous les ans, après un voyage de 27 heures en train, il
part de Gèdre pour arriver à Gavarnie, monter au port
de Boucharo, redescendre vers Bujaruelo et Torla, en transportant
un important matériel photographique (14 douzaines de plaques
de verre format 18 cm x 24 cm) à dos de mulet. Après
1904 il a recours à des guides aragonais qui deviennent ses
amis : Ramon Viu, de Torla, Lorenzo Viu, de Boltaña, et Joaquin
Buisán, de Lavelilla. Il explore méthodiquement le
quadrilatère formé par la frontière au nord,
une ligne Torla-Huesca à louest, Huesca-Barbastro au
sud, Barbastro-la Cinca, logeant chez lhabitant ou dans des
auberges au confort spartiate, mais au fil des années il
se fait de nombreuses relations parmi la population. De retour chez
lui, à Charly-sur-Marne, il met en ordre ses notes, développe
et tire ses clichés, les classe et rédige ses textes.
Il écrit des articles et donne des conférences, divulguant
les beautés de cette contrée, plus particulièrement
les fameux canyons de la sierra de Guara quil a été
le premier à découvrir, pressentant leur potentiel
touristique. Devant le rio Vero, il nimagine pas la vogue
du canyonisme, mais écrit quun bateau démontable
aurait raison de la difficulté de lexploration par
le fond de ces gorges. Il milite pour la création du Parc
national d'Ordesa en 1918, parc qui bénéficiera par
la suite d'une importante extension et prendra l'appellation de
Parque Nacional de Ordesa y Monte Perdido.
Briet arrête ses campagnes d'exploration en 1911, ses amis
espagnols lui ayant promis la publication de ses récits de
voyages. Ils le feront en effet en 1913.
En 1916, au cur de la Grande Guerre, il épouse Marie-Louise
Chamblin, sa cadette de 30 ans. Une petite fille naît peu
après. Malade depuis 1920, il décède l'année
suivante sans avoir connu l'apogée de son rêve espagnol.
Ses manuscrits et ses photographies sont récupérés
par Louis Le Bondidier, fondateur du Musée pyrénéen
de Lourdes. En France, bon nombre de revues passent sa disparition
sous silence, mais ses amis aragonais, grâce à une
souscription, élèvent en sa mémoire un petit
monument à lentrée de la vallée d'Ordesa.
A Torla, un refuge et une promenade portent son nom.
Ses photographies, documents irremplaçables et de grande
qualité, sont régulièrement éditées,
notamment au travers de plusieurs ouvrages publiés ou écrits
par André Galicia, qui a tiré le Picard de l'oubli
dans lequel ses compatriotes l'avaient plongé.
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