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Nous sommes ici en Espagne à proximité du pas des
Isards qui se trouve derrière nous en contrebas de la Brèche.
Cette courte montée que l'on devine fait très mal
aux jambes lors du retour. Si au contraire la forme est toujours
là, vous pouvez aller voir le Taillon en continuant sur ce
versant après la Brèche mais il faudra compter 1h15
d'ascension à partir d'ici.
La Brèche est le seul passage naturel s'ouvrant en haut du
cirque de Gavarnie. Bien que plus difficile que son proche voisin
le port de Boucharo, il était régulièrement
fréquenté par les contrebandiers, qui avaient creusé
des marches dans le raide passage des Sarradets. Outre les produits
de contrebande habituels on fit aussi passer par ce col des pendules
françaises et l'orgue de barbarie de la casa del señor
de Fanlo!
Comme au port d'Oô, les bergers espagnols passaient régulièrement
la Brèche pour faire paître leurs troupeaux versant
français. La première mention de ce passage La Brèche
de Roland remonte à 1572. Il figure aussi dans la carte de
Labaña publiée vers 1610. La muraille orientale conserve
une inscription épigraphique datée de 1828 et qui
mentionne le nom des personnes ayant accompagné la duchesse
de Berry lors de son ascension du 29 août.
La grandiose barrière des sommets de plus de 3000 m d'altitude
s'étendant des pics de Gabietou au massif des Trois Surs,
trouve en cette brèche, son seul point faible. Cette énorme
entaille, inspiratrice de légendes et autres anecdotes, permet
de passer de la vallée d'Ordesa au cirque de Gavarnie. La
forte déclivité du nord permet de maintenir la neige
presque toute l'année, tandis que le versant sud ressemble
plus à un désert désolé de pierres qui
tombe à pic dans la gorge de Cotatuero.
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