Netarion a écrit : ↑14 janv. 2026 11:17
Salut à tous!
Jour 34: St Etienne de Baïgorry - Aïnhoa
Distance: 35,77 km
D+: 2293 m
D-: 2329 m
Il ne faisait plus beaucoup de doute, on allait arriver à Hendaye. Mais cependant, il ne fallait pas pour autant prendre à la légère les dernières étapes. Il restait encore quelques difficultés!
Pour cette étape, je savais dès Collioure qu'elle serait longue! J'avais fait la même lors de ma première traversée, je l'avais commencé de nuit et je l'avais terminé pratiquement de nuit également. On visait Aïnhoa, histoire de profiter une dernière fois d'un camping et d'une douche chaude. Mais pour se faire, on devait traverser les crêtes d'Iparla et le massif de l'Artzamendi.
Comme cette étape est très longue, nous sommes partis très tôt. Nous avons fait nos au revoir à Benjamin et Lili. Elle était bien évidement très triste de ne pas pouvoir finir avec nous, mais elle nous a promit de nous attendre à l'arrivée dans 2 jours.
Nous avons donc attaqué l'ascension jusqu'au col de Buztanzelhai, la première marche avant la crête d'Iparla. Les 150 premiers mètres se font sur de la route, donc pas de regrets à marcher de nuit. Après quelques dizaines de minutes, j'ai senti une petite goûte d'eau me tomber dans le cou... La météo ne prévoyant pas de pluie, je me suis dit que ça ne devait être qu'un peu d'humidité sur les feuilles des arbres... Ou pas! Rapidement, on a été obligé de mettre nos ponchos alors qu'on pensait pouvoir les laisser dans le sacs jusqu'à Hendaye... L'ascension jusqu'au col est assez longue. Peu avant ce dernier, la bruine a fini par se calmer, mais la vue restait bouchée par la brume.
Après le col, nous avons entamé la traversé de la crête. Nous avons rapidement enchaîné les pics de Buztanzelhai et d'Astate, puis nous avons atteint le col d'Harrieta où nous avons pris une première pause.
Saint Etienne de Baïgorry ( 150m).
La crête d'Iparla.
Nous avons ensuite pris la direction du pic d'Iparla. La vue depuis la crête, avec cet immense falaise haute de 400m, est toujours aussi belle. La ciel se dégageait petit à petit, nous laissant profiter de l'immense panorama qu'elle nous offre. Il y avait déjà beaucoup de monde au sommet, nous nous sommes juste arrêtés le temps de prendre quelques photos et nous sommes vite repartis!
Par la suite, le GR10 descend jusqu'à Bidarray et emprunte des kilomètres de routes. Il était hors de question que je me fasse avoir comme lors de ma première traversée! J'ai préféré cette fois-ci, coupé en descendant par le col de Lacho. La piste bétonnée qui descend depuis ce dernier n'est pas agréable, mais elle raccourcit nettement par rapport au GR. Nous avons fini par atteindre Basasagarra. Nous sommes descendus jusqu'à la magnifique petite maison au bord de la rivière de Bastan et nous avons profité de la petite source en bord de piste pour nous ravitailler en eau. Nous sommes ensuite allés jusqu'à la passerelle qui enjambe l'Erreka Aritzacun où nous avons pris notre pause casse-croûte.
Vue depuis le pic d'Iparla ( 1049m).
Le pic de Baïgurra ( 892m).
Le pic d'Artzamendi ( 924m) avec son radar et la Rhune ( 900m).
Le mont Ursuya ( 681m).
Le pic d'Alkaxuri ( 949m) avec sa montée par la crête ( un véritable enfer!).
Le col d'Espalza ( 650m).
Il n'était que 11h, on avançait vraiment très vite! On a mangé rapidement, puis on est reparti. Cette fois-ci, on attaquait avec la grosse difficulté du jour: le col d'Espalza. Je me souvenais de ce col que j'avais fait en milieu d'après-midi lors de ma première traversée et qui avait été une véritable souffrance! Son ascension est assez rude, avec des grandes marches, des cailloux et même une partie avec un câble. On est pourtant monté sans ralentir! Chaque marches étaient l'occasion de sortir un petit "Uch!".
Une fois au col, je prévoyais à la base de passer par le versant Sud du massif. Ce versant est extrêmement sauvage et d'une grande beauté, avec des falaises, des petits courts d'eau qui dévalent la falaise en cascade! Mais l'ascension nous avait un peu fatigué, j'ai préféré passer par le col de Mehatse, quitte à redescendre par la route ( non dinosaure! Pas par l'Iguzki!

). Les émotions devenaient de plus en plus forte en voyant l'océan se rapprochait de plus en plus! Nous sommes ensuite descendus au col des Veaux. Pour la suite, j'ai hésité entre passer par la crête de Gorospil ou par le GR. La fatigue ( et la flemme..

) m'ont fait choisir le GR. Mais le chemin est tellement long jusqu'au col de Zuharreta que j'en ai presque regretté de ne pas être passé par la crête. On a pris une pause au col.
Vue sur le pic de Soporro ( 616m) depuis le col de Zuharreta ( 566m).
Par la suite, on est descendu un petit peu, avant de remonter une centaine de mètre pour contourner le pic de Soporro. Je me rappelais de cette petite côte qui m'avait achevé, je m'arrêtais tous les 10m pour reposer les jambes. Cette fois-ci, ça a été qu'une formalité! Une fois au col des 3 Croix, j'ai laissé le choix à ma cousine entre contourner l'Errebi par le GR, ou le gravir pour couper un peu! Elle a bien évidement choisi de monter à l'Errebi. J'ai pris mes écouteurs pour avoir un peu de musique afin de me donner du courage et nous nous sommes lancés dans les pentes herbeuses raides qui mènent au sommet. L'océan n'était vraiment plus très loin, on pouvait même voir les vagues!
On est ensuite descendu en direction à d'Aïnhoa, qu'on a finalement atteint après un peu plus de 11h de marche.
Vue depuis le pic d'Erreki ( 583m).
La Rhune et les Penas de Haya.
Aïnhoa ( 100m).
Avant de se rendre au camping, nous avons pris un petit coca, une glace et un gâteau basque sur la terrasse d'un bar à côté du fronton. Nous sommes ensuite allés au camping, mais une fois devant ce dernier, nous nous sommes rendus compte qu'il était fermé... En repartant au village, nous avons trouvé une ferme qui proposait des bivouacs. On ne s'avait pas trop à quoi s'attendre mais on a tenté quand même. Au final, on est tombé sur des gens sympas qui proposait un petit coin d'herbe clôturé, avec douche ( bon le vent s'engouffrait à l'intérieur mais l'eau était chaude! Il fallait juste pas traîner pour se sécher!

), un local pour manger avec micro-onde et cafetière, des prises de courant... Bref presque mieux qu'un camping! Au passage, la personne nous a dit qu'elle proposait des glaces à la vanille faites maison... On n'a pas pu résister!
La soirée a été agréable. On a pu discuter avec des gens qui entamaient tout juste la traversée. Mais la journée avait été longue et la fatigue bien présente! On est rapidement allé au lit!
Jour 35: Aïnhoa - Hendaye!
Distance: 43,9 km
D+: 1969 m
D-: 2091 m
Pour la fin de notre périple, j'avais prévu comme pour ma première traversée de bivouaquer au pic de Manddale au-dessus d'Ibardin pour pouvoir y admirer le coucher de soleil. Ensuite, Benjamin et Lili allait nous retrouvé le lendemain matin à Hendaye. Petit soucis, si la météo pour cette étape était parfaite, celle pour le lendemain était vraiment très mauvaise. Mais vous allez voir qu'il n'y a pas que ça qui va influencer nos décisions...
Comme j'étais toujours sur mon idée de bivouac au Manddale, j'ai consenti à faire une grasse matinée. Le réveil n'était réglé qu'à 5h30. On est parti tranquillement. La première partie de l'étape se fait dans les plaines entre Aïnhoa et Sare. Ce n'est pas très passionnant mais ça a le mérite de ménager nos jambes après une étape très longue. On a rapidement atteint Sare, où on a pris une première pause au fronton, après un petit arrêt à la boulangerie pour s'acheter croissants et pains aux raisins.
On a ensuite attaqué l'ascension de la Rhune. Ce sommet emblématique du Pays Basque n'est pas si simple à aller chercher, avec ses 800m de dénivelé. Mais après 34 jours dans les montagnes, ce n'est pas cette dernière collinette qui allait nous faire peur! On a monté à bon rythme jusqu'aux 3 fontaines. À partir de là, les conditions très agréable de cette balade se sont grandement dégradées! La foule! Partout! La montée finale de la Rhune était noire de monde... J'ai clairement regretté de ne pas être passé par le col d'Urkila... En dehors de la foule, il y avait 2 hélicos ( gendarmerie et sécurité civile) qui étaient en intervention ou en manœuvre. On a pu les observer entrain de se poser au plateau des 3 fontaines. On a finalement atteint le sommet. Il y avait des gens partout! On s'est arrêté dans une venta pour prendre un coca. Puis on est allé au sommet pour apercevoir enfin Hendaye!
Le petit train de la Rhune.
Vue depuis la Rhune.
Hendaye et Irun au loin!
En voyant Ibardin juste en contre-bas, on s'est dit que nous allions prendre notre pause casse-croûte dans une venta. Pour la descente de la Rhune, hors de question de retraverser la foule pour rattraper la piste! On est descendu directement depuis le pic, le long du promontoire. Dans la descente vers le col de Deskarga, 2 trailers nous ont doublés à toutes vitesse. On les a vite rattrapés, l'un d'eux était tombé et avait très mal à sa cheville. J'avais des dolipranes, je lui en ai proposé mais ce dernier a refusé de manière peu aimable. Du coup, on les a laissés tranquille comme ils le souhaitaient et on a continué notre chemin.
Après le col, on a atteint la venta Intzola. J'avais hésité à couper directement par le pic d'Erentzu, mais la flemme encore une fois a été plus forte. On l'a contourné par le GR. Puis après la route, plutôt que de suivre le GR, on a pris une piste plus direct côté Ouest de la route. Une fois à Ibardin, on a choisi une venta et nous y avons enfin pris notre pause casse-croûte.
On est descendu par ce versant.
Après un classique lomo frites poivrons qui a ravivé mes souvenirs de quand on venait à Ibardin pour acheter diverses choses, nous avons repris notre marche. Lorsqu'on est arrivé au pied du Manddale, nous avons un peu tergiverser. Hendaye était à 13km et on hésitait entre finir le jour même ou le lendemain. C'est à ce moment là que soudainement, Jérôme et Gersendre sont apparus! On avait réussi à les devancer mais ils nous avait rattraper. Ils comptaient bien évidemment finir leur traversée ce jour là. On les a laissés partir, puis j'ai regardé ma cousine et je lui ai dit " J'ai dit qu'on arriverait avant eux, on arrivera avant eux!".
Du coup, branle-bas de combat! On avertit en vitesse Benjamin et Lili qu'on finira la traversée dans l'après-midi. Benjamin a laissé tout ce qu'il faisait et est direct parti chercher Lili pour aller à Hendaye. De notre côté, le temps de nous organiser, on avait déjà pris une quinzaine de minutes de retard par rapport à nos adversaires. On avait déjà fait 30km, on avait le désavantage de la fatigue.
Nous avons donc repris notre route. On avançait à très bon rythme, limite à courir dans les descentes. Au final, on les a rattrapé en haut du pic de Xoldoko Gaina. On a fait le reste du chemin jusqu'à Hendaye avec eux. Et ce n'était pas plus mal car le reste de l'étape n'est clairement pas passionnante! Discuter tous ensemble nous a permis de faire passer le temps plus vite! Mais une fois au porte d'Hendaye, moi et Lisa avons accéléré le rythme et nous les avons devancés. Sauf que malheureusement, on a perdu le GR de vue dans les rues d'Hendaye. Jérôme lui se servait du GPS et a donc pu rapidement nous doubler! C'est complètement par hasard que nous les avons aperçus dans une rue parallèle à la notre! Le trajet jusqu'à la plage s'est littéralement transformé en "Pékin Express". Nous avons pris une autre rue qu'eux et nous avons accéléré. Au final, on est arrivé au casino de la plage tout juste quelques minutes avant eux. On avait par contre perdu la course contre Benjamin et Lili, car ils étaient arrivés tout juste quelques secondes avant nous. Bon, on ne faisait pas réellement la course bien sûr, mais il faut dire que ça m'a amusé et ça m'a permis d'oublier la souffrance dans les jambes après cette journée de 43km. Finalement, c'est tous ensemble qu'on s'est jeté dans l'océan. On venait de terminer la traversée d'Est en Ouest des Pyrénées!
Le lac de Xoldokogaina ( 250m).
Hendaye vue depuis le pic de Xoldoko Gaina ( 486m).
On a dit adieux à Jérôme et Gersendre, puis on a pris la direction d'un petit restaurant pour fêter ça! Et ensuite retour à Oloron sainte-Marie et retour à Dax le lendemain pour moi.
Après une telle traversée, j'ai toujours des émotions très mitigées et contradictoires. D'un côté, je suis content que ça soit fini et extrêmement fier d'avoir réussi. Mais d'un autre côté, je suis triste également que ça soit fini et je sais que le retour à la vie de tous les jours ne sera pas simple! J'ai perdu en tout 11kg, c'est une bonne chose mais malheureusement, je savais que j'allais devoir sacrément me bouger pour ne pas tout reprendre! Fini les vacances!
Je suis vraiment content d'avoir pu partager cette aventure avec mes 2 acolytes que je salue! Lili n'a malheureusement pas pu finir sa traversée, mais je compte bien y remédier!
Et pour moi et Lisa, une nouvelle aventure se profile déjà pour nous: la traversée des Alpes entre Menton et le lac Léman ( il me tarde tellement!!!!).
Distance totale: 867,41 km.
Dénivelé: 50842 m.
Merci d'avoir lu ce long récit!
Bonne journée à tous!