Jour 3 Etxalar – Elizondo
Petite journée de prévue, je n’avais qu’une petite dizaine de kilomètres à faire. Cependant, la pluie menaçait de tomber désormais vers 9h00. Pour arriver à Elizondo, on doit descendre des collines vers les vallées, et celles-ci sont toujours gorgées de boue même par temps sec !
Je n’avais pas trop envie de m’embourber pendant des heures.
C’était une première pour moi de me lever aussi tôt pour de la randonnée. C’était une expérience étrange, marcher dans le silence, dans le noir étoilé de petits villages.
Le chemin était peu évident. Je partis en ligne droite, parfois en coupant la route, sur du petit sentier couvert de ronces et de boue.
Cette journée fut hors du temps, rythmée par seul le bruit des quelques gouttes sur la végétation et le bruit de mes pas. Le soleil ne s’était pas levé, caché par l’épais et menaçant voile nuageux.
Ce n’est qu’au détour d’un col que j’ai pu photographier le seul rayon de soleil de la journée !
Le dernier effort de la journée demande de gravir l’Atxuela (~830m). Chose amusante, je n’ai jamais pu voir le paysage vers Elizondo. J’ai l’impression que cet endroit est toujours enseveli sous les nuages.
Je me permets de poster les photos de mon ancien voyage où il avait moins plu (je ne veux pas que mon appareil prenne l’eau même s’il est tropicalisé, j’ai perdu suffisamment d’électronique de cette façon).
J’arrivai enfin au col(?) Bagordi.
L’arrivée sur Elizondo suivant le GR11 était imminente.
Mais je me dois de vous raconter une mésaventure. Je décidai de faire une pause et d’enfiler mon poncho, n’ayant pas été assez rapide pour esquiver la pluie.
Au moment de repartir, une voiture arriva avec fracas sur la route à ma droite. Elle s’arrêta soudainement, une fenêtre s’ouvrit, puis une carabine en sortit et enfin une détonation. Tout ceci avec le sentier du GR11 en ligne de mire. Aussitôt tous les oiseaux envolés, la voiture partie au son de “joder”
Je me dépêchai alors de franchir cette portion de sentier, presque en courant, comme si l’autre fou pouvait revenir d’un instant à l’autre.
Je fis d’ailleurs ici la première rencontre de mon voyage. Un certain “Louis” (si je me souviens bien). Nous avons bavassé pendant près d’une heure de tout et de rien. Il venait de finir la HRP, il n’avait marché que 25 jours. De ses dires c’était trop rapide !
Nous n’avons pas forcément tous le temps de prendre plusieurs mois pour une aventure, me dis-je.
Après maintes adresses et astuces de voyages, je descendis enfin à Elizondo, où j’allais passer une petite journée de pause, le temps virant à l’orage le lendemin.