Philippe, tu ne vas pas t'y mettre aussi !
Salut JC,
Les parcours ne sont pas techniques au pays basque, ils sont juste... longs. On a envie de les passer au plus vite, d'où les kilométrages effectués. Si, tu devrais venir voir par toi-même, les atmosphères et les couleurs ne sont rendus fidèlement par les compte-rendus. Comme dis Luke, c'est encore plus chaud, moite, et poussiéreux qu'on peut l'imaginer
C'est un peu comme la piste entre le Perthus et las Illas...
Luke, je suis de ton avis; le pic d'Orhy est aussi pour moi le début du changement, les multiples pics du secteur d'Anie sont bien visibles et font vraiment penser à une ambiance complètement différente des précédents jours... et TANT MIEUX
J5 : dimanche 12 juillet 2026 : col d’Orgambidé – Logibar
Distance : 37,5 km D+ : 1530 m D- : 2120 m
https://www.openrunner.com/route-details/23958563
Nuit calme et bonne récup. Je pars tôt, 6 h 30 du matin, tout est très calme.
Je suis la route jusqu’à Harpéa en admirant le lever du soleil
Incroyable comme le jour se lève vite, une ½ heure plus tard, je distingue parfaitement mon objectif : le col d’Errozaté par les zigzags herbeux
Sauf que je suis incapable de trouver le début du sentier sur la gauche après les cabanes d’Elhursaro, qui doit m’amener au pont de Chubigna. Je dois être mauvais ou miro mais rien ne me fait penser au sentier et en plus, j’ai l’impression que les terrains sont privés…
J’abandonne ma recherche et continue tout droit jusqu’à la grotte
Tant pis, je fais comme il y a 10 ans, je passe par-dessus en la contournant par la droite. Ca monte raide par là
J’arrive sur la frontière assez rapidement finalement. Regard en arrière sur Orgambidé et Urkulu
Je pourrais avancer vite vers l’est… et la TRES TRES HAUTE montagne du pic d’orhy
…mais j’ai envie de voir à quoi ressemble le GR10 dans ce coin, et accessoirement rencontrer quelques randonneurs, donc je décide de rejoindre les cols d’Errozaté et d’Irau
En montant sur cette route, j’avais rencontré Starsky et Hutch en 2016
(photo 2016)
En cherchant, j’ai retrouvé Hutch, Starsky devait être en patrouille
Encore de la route jusqu’au col d’Irau, c’est loin…
Enfin, j’y arrive, il est 10h, 3 heures et demies que je suis parti…
Et là, c’est la foule. Moi qui ait quasiment vu personne les 4 premiers jours, c’est un véritable défilé. Mais ça fait du bien de causer un peu.
Je croise un Grdiste qui en est à son 38 ème jour et qui file sur Hendaye et surtout un jeune un peu farfelu mais adorable, Eneko, qui parle tout le temps.
Son sac pèse 3 fois le mien (24 kg) et il me raconte tout ce qu’il y a dedans, oups…
Quand il met le mien sur son dos, il commence à faire des pompes avec !!!
Au lieu de monter à Okabé, il fait un bout de route avec moi jusqu’au col de Sourzay, et me racontant ses innombrables péripéties. Une joie de vivre ce gars, toujours à rigoler, même en m’apprenant qu’il a perdu ses parents jeune, qu’il souffre d’un autisme sévère et qu’il va de foyer en foyer. L’optimisme incarné. Je l’écoute avec quelques mètres d’avance quand d’un coup, je ne l’entend plus. Il vient de se faire prendre en stop par une camionnette et me fait de grands signes d’amitié quand celle-ci me dépasse. Bon vent à toi l’ami !
Au col de Sourzay, je me pose enfin contre la cabane …
… pour prendre mon petit-déj à 11 h : 100 g de muesli Jordan’s (peu sucré), 70 g de lait en poudre et 30 g de chocolat en poudre, tout ça prêt dans un sac congél pour minimiser le poids. 750 kcal pour 200 g, imbattable niveau énergie
A peine fini, un berger arrive (un des proprios de la cabane), et m’accueille chaleureusement en me proposant de remplir ma poche d’eau ainsi qu’un pastis, que je refuse poliment. On discute attablé pendant un bon moment. Il m’avoue souffrir comme en Catalogne du manque d’eau et a peur pour sa profession qui selon lui ne sera plus viable rapidement si les canicules se répètent chaque année. Chouette rencontre, encore une fois. Il m’indique le sentier pour le col de Burdinkurutxeta derrière la cabane
Ca monte assez fort au début puis c’est plat
Petit passage aménagé… pour le bétail sûrement
Le col Burdinkurutxeta et le pic Mendibel à droite
La montée au Mendibel est très sympathique malgré la chaleur encore une fois. Les montées deviennent des formalités, mon pouls ne s’emballe plus, les jambes commencent à grimper toutes seules
Le chalet d’Iraty-Cize avec plein de camping-cars
Je suis tout seul sur ma ligne de crête, mes seuls compagnons sont des chevaux
Vue vers le nord, sans doute vers le Béhorléguy
Je vois enfin la très très très très haute montagne avec le pic d’Anie tout au fond
Montée au pic suivant, le Chardéca
Drôle d’idée que de marquer le nom des sommets sur des cailloux. C’est pour dédé quand il n’est pas sûr du sommet qu’il foule ?
Pour ma part, je fais une belle moisson de très très hauts sommets aujourd’hui. Le prochain est l’Arthanolatze. Bizarre d’avoir un nom géorgien…
Façon étrange de passer une clotûre
Le pic des Escaliers est… tout plat. C’est chelou d’avoir choisi ce nom
Je l’aurai appelé le pic des crottes, il en est farci. D’ailleurs, elles ressemblent à mes barres de céréales
Je manque d’eau, il est 16 h et j’aimerai bien me faire un lyo. Sauf que les 4 sources indiquées aux alentours que j’irai voir sont à sec, pas une goutte ne coule…
Tant pis, j’en trouverai sûrement sur le GR10 que je vais maintenant suivre.
Un panneau indique 5 h pour Logibar, punaise, c’est si loin que ça !
Au début, le GR est plutôt sympa
Puis un bout de route m’amène au col d’Ugatze. Les 3 ruisseaux que je viens de croiser étaient tous à sec aussi. Je n’ai plus une goutte, j’ai très soif, et je n’ai pas le cœur à marcher encore 4h sans flotte. La providence, une maison déserte, juste à côté du col, possède une grande cuve d’eau presque remplie à ras bord. 2 litres de moins, ça ne se verra même pas. Merci !
Heureusement que je me suis servi là, car je ne trouverai pas la moindre goutte jusqu’à Logibar, à part quelques abreuvoirs peu ragoûtants. Comment font les grdistes sur cette portion ? D’ailleurs, où sont-ils ? Ils ne marchent que le matin? Je ne vais pas en croiser un seul pendant des heures…
Après une très looooongue traversée manquant d’intérêt, je fais enfin une pause avant le sommet nommé Saltéburia
Il me tarde vraiment d’arriver mais le GR se met à faire du yoyo…
J’aperçois enfin Larrau, la fin n’est pas loin, plus que 600 de déniv à descendre
Jolie formation
La descente sera très casse-pattes, tout sauf agréable. J’arrive à 22 h 30 devant l’auberge de Logibar, juste avant que le gérant ferme l’accueil. J’ai la flemme de chercher un endroit pour ma tente dans le noir, il me propose le « camping » le long du gave de Larrau pour 7 €, ce qui me donne accès aussi à une bonne douche chaude. Vendu !
Effectivement, la douche sera bien chaude. Par contre, le « camping » infesté de moustiques, pas très pittoresque…
Comme je me fais piquer de partout avec ma frontale, je vais essayer de monter la tente dans le noir. Résultat le lendemain matin…
