Du fil et une aiguille ? Quelle idée d’amener ça quand ce genre de mésaventure n’est jamais arrivé
Pour l’enigme, belle perspicacité
Bien résumé, c’est beau mais c'est très long
Excellent la ressemblance avec le camion en souffrance, bien vu
Oui, j’ai bien vu que beaucoup de sommets étaient faisables à ce moment là (Cochata, punta del Cantero… ) mais j’avais qu’un objectif à ce moment là : avancer vite
Faudra, si tu as un petit moment, me raconter un peu comment c’est au sud de l’Argualas, car j’ai vu que tu as fait Garmo del Pico et Fénias sur ta carte
Ah oui, toi aussi tu es adepte des vêtements aérés ? on y est attaché même si eux ne le sont plus trop à nous
L’avantage de l’itinérance, c’est l’accoutumance, les jambes acceptent de marcher toutes seules des heures sans rechigner et sans souffrir au bout de quelques jours. Elles trouvent ça normal, je crois que génétiquement, on est fait pour marcher à longueur de temps. Quand je suis rentré à la maison, elles ont commencé à me faire mal le lendemain… obligé de repartir marcher en Cerdagne quelques jours pour ralentir la cadence sans la stopper
J10 : vendredi 17 juillet 2026 : Panticosa – embalsé de Bachimana Alto
Distance : 22 km D+ : 2070 m D- : 1130 m
https://www.openrunner.com/route-details/23959481
Nuit difficile, le sol caillouteux était très dur et mon (maigre) sommeil a été haché par l’incessant passage de voitures sur cette maudite piste…
Panticosa en bas
En plus, je n’arrive pas à savoir avec mon vieux Redmi qui capte mal les réseaux si des bus montent aux bains de Panticosa. Comme j’ai abandonné l’idée de monter directement par le Garmo del Pico, et que je ne fais jamais de stop, je monte les 8 km de route par … la route. Mais comme il est encore tôt (7h), il n’y a pas beaucoup de voitures qui descendent
L’arrivée aux bains n’est pas très accueillante avec ce bâtiment abandonné
Ah là, c’est mieux
L’objectif du matin est 1400 m plus haut (Euh… un écran plasma ici ? pour quoi faire ?)
Pour changer, la montée est … chaude
Je vais exactement au même rythme que deux espagnols qui montent devant moi, mais eux parlent sans la moindre interruption. Comment ils font sans s’époumoner ? Et surtout, de quoi peuvent-ils bien parler comme ça sans s’arrêter ? C’est dingue…
La montée est très jolie mais soutenue et le soleil est bien bien présent
Vers 2600 m, il ne reste plus que des cailloux
Les bains sont tout en bas et la vue est bien belle
Les dernières rampes sont raides et je pose enfin mon sac entre le Garmo Négro et les Algas.
J’ai une autre vue du Midi d’Ossau
Et du secteur Frondiellas / Balaïtous
Ah, ça fait du bien de se sentir très léger sans le sac. Impeccable pour faire toute la crête jusqu’à l’Argualas
La crête est découpée sans être difficile. Ca commence par l’Algas N
Ouch, il est d’enfer le pic en face…
Ca passe vraiment bien. Comme il est encore tôt, je vais prendre le temps de suivre au maximum le fil.
La demoiselle devant moi, pas très rassurée au début, fera toute la crête aussi
Pic Algas principal
L’embalsé d’Escarra où j’aurai dû passer hier après-midi avant de me tromper…
L’embalsé de Bubal au sud de Panticosa
La suite de la crête. L’argualas n’est pas loin
Enfin, je vois ce que je voulais savoir : le fameux Garmo del Pico et le Fénias… Je crois que ça passait plutôt bien. Je regrette mon choix d’avoir fait ma feignasse et d’être passé par la route mais bon, tant pis. Et puis, ensuite pas sûr de pouvoir monter aisément sur l’Argualas par le sud sur la fin
J’aimerai être un oiseau pour aller directement sur le Garmo Négro
Je fais marche arrière en essayant de feinter quelques pointes au retour, mais ce n’est pas super évident. Je retrouve enfin mon sac, le remets sur mon dos, et là j’ai l’impression qu’il pèse une tonne !!!! Sensation horrible pendant quelques minutes alors qu’il pèse tout au plus 9 kg.
Je n’apprècie du coup vraiment pas la fin de la montée au Garmo Négro
Le Vignemale règne en maître à l’est
Je continue la crête vers l’est. Que c’est raide ! Je ferai plusieurs pas en désescalade car je ne suis pas franchement agile avec le sac sur le dos. Et il faut en plus remonter sur l’aiguille de Pondiellos
Crête du Garmo Négro descendue dans la partie orangée
Ce coin est constellé de pics et de lacs. C’est fabuleux
La descente jusqu’au collado de Pondiellos sera plus facile. Je vais remonter au pic de Pondiellos pour atteindre ensuite le collado Saretas
Il est 15h, grand temps de manger sur les rives d’un des lacs de Pondiellos. Cette table sera impeccable pour installer le picnic
Le lyo avalé, je m’extasie devant cette face des pics d’Enfer
Elle me laisse tellement rêveur que mes yeux se ferment pour se rouvrir… 1 h 30 plus tard !! Enorme sieste imprévue ! Bon, il faut repartir maintenant. Je veux contourner l’Enfer par l’ouest pour remonter à l’ibon de Tebarray. Je passe par le deversoir du dernier ibon de Pondiellos
Puis je prends le dévers sur ma droite pour passer sous le versant ouest du Garmo Blanco
Oh les beaux gros glaçons… Euh, je ne traîne pas trop là moi
Je remonte ensuite laborieusement sur ma droite une pente mi-herbe, mi-caillasse où chaque mètre gagné se fait par une belle débauche d’efforts, pour arriver enfin au superbe ibon de Tebarray. Il est 19 h et je suis seul, c’est une sensation très très plaisante !!!
Le pic d’Enfer occidental
Je reprends de l’eau au déversoir
Et je traverse la pente pour gagner le cuello del infierno
Je m’assieds quelques longues minutes ici… pas de vent, pas le moindre bruit, une sérénité incroyable. J’apprécierai énormément ce moment. Même les quelques sms échangés avec Dalmatien à ce moment-là seront agréables
Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et mon ventre aussi a faim. Direction Bachimana
Les névés m’aideront bien pour descendre plus vite
Trop de monde à l’Azul supérieur
Je me poserai un peu avant le Bachimana pour un bivouac bien réparateur
