Il y a 5 ans, dernière fois où j'y suis allé, je m'étais dis que c'était la der des der. Trop crevant.
J'ai revu mon jugement en corrigeant mon vœu: c'était la dernière fois sur la journée! Donc départ avec bivouac l'après midi.
Je monte tranquillement, d'Estours à la cabane de l'Artigues, GR10, 5 km mais un dénivelé seulement de 300 m.
Au pla, surprise, le ruisseau de l'Artigue est totalement à sec, première fois que je vois ça.

Ouf, le ruisseau d'Arcouzan coule, ruisseau que je vais suivre.

Je remonte à la cascade pour faire le plein et prends la rive droite. Montée raide pour retrouver le chemin que je connais bien. Enfin le chemin! Il a tendance à s'éclipser!

Vers 1540 m, il faut zigzaguer autours des arbres, bien rester à la limite entre arbres et arbustes jusqu'à 1570 où l'on trouve, avec de la chance, une ficelle bleue tendue entre les arbres.

C'est là qu'il faut obliquer plein ouest à travers une prairie d'herbes hautes.

En montant au jugé, on arrive au seul endroit pour franchir le ruisseau à 1610 m. Même en connaissant, pas évident de tomber pile, aucun repère fiable.

Seul endroit avec un minuscule plat pour la tente à 1650 m. 3 h 20 pour 1000 m, je pensais mettre plus de temps avec le gros sac.


Nuit tranquille, pas froide, je pars à 7 h. Ca grimpe raide tout de suite et jusqu'au bout 720 m au dessus.

Voire très raide mi herbe mi cailloux sur 100 m.

Je prends mon temps, je connais la suite qui demande de la vigilance.
Passage sur la rive droite du torrent.

Le passage bien pentu est passé:

Arrivée sur la crète, vue vers la cabane d'Aula:

J'arrive au glacier à 2370 m un peu plus de deux heures après.


Finalement la montée répartie sur deux jours à été assez facile. Je savoure, ce sera la dernière fois! Quelques isards, une multitude de petits oiseaux qui tournent au dessus du glacier.
Difficile d'avoir un avis sur la fonte du glacier, il parait propre et peu crevassé.
Mais en comparant...
en 2015:

en aout 2017:

en octobre 2018:

en aout 2019:

en octobre 2021:

Il s'est pris une sacrée claque le glacier!
Vers les Antiques:

Pic de Pomebrunet jusqu'au pic de Lasirouge:

Le plus dur dans cette course, c'est la descente. Il faut rester attentif jusqu'à la cabane de l'Artigues avec deux passages un peu plus durs (j'avais laissé tombé un bâton dans le ravin 100 m plus bas), glissades interdites. Sur facebook, j'ai vu un mec qui a descendu les 800 premiers mètres en crampons.
Revenu au bivouac, je suis déjà bien lessivé, plus que 1000 m à descendre!
