Un rêve de gosse
Pour moi les Pyrénées ont une place particulière dans mon coeur. Chaque été on y partait famille au complet 2 petites semaines. Au début à la plage, puis dans les petites montagnes du pays Basque, puis dans les hautes montagnes vers Lourdes.
Le premier grand choc du grandiose me vint à Gavarnie. Je n'avais jamais vu chose pareille. Cette muraille vertigineuse avec sa cascade, les variations de couleurs de ses parois, ses pointes presque menaçante pour le petit gamin que j'étais, les nuages pouvant à peine dépasser la cime de cette barrière (tout à fait impensable pour un enfant vivant à Orléans ou le plancher bas est présent 99% du temps)
"J'irais là haut" dis-je à vois haute.
Mais impossible à l'époque. Mon père ayant le vertige, ma mère n'ayant pas le physique également (sans parler de moi-même).
Cela faisait donc presque 12 ans que ce rêve était né. Mais je l'avais laissé de côté, comme beaucoup d'autres choses dans notre monde où allez vite et s'insérez est assez difficile pour les jeunes.
Le jour où tout à basculé
J'avais lu sur des forums de monatgne, des histoires ça et là de traversée des Pyrénées. Mais la plupart des commentaires qui revenaient était :
"C'est un rêve que j'aurais voulu réaliser moi aussi, mais mon grand âge ne me le permet plus. Didier 65 ans."
Je m'étais dis que "j'avais le temps", donc je n'y prettait pas plus attention.
Mais le premier grain de sable dans le rouage du conformisme était mis.
En parallèle, mon travail ne me plaisait pas plus que ça, voir pas du tout. Je ne peux pas trop en parler (classé SECRET), mais pour dire, il était interdit/déconseiller de faire quelque chose d'intelligent. Et le management était vicieux.
Le véritable choc, fut pour moi un accident de vélo sur le retour d'un jour de crunch (ou les heures sup sont non payées et où on te fait culpabiliser de ne pas rester plus longtemps (j'étais prestataire peu payé)).
Une voiture me percute pleine balle.
Pensant tout de suite à mon trajet dans les Pyrénées, je me releva. Mais vint une intense douleur à la jambe.
Et à ce moment là, le message de Didier refit surface.
Même jeune dans la vie des aléas pouront m'empêcher de réaliser mes rêves.
Heureusement pour moi, rien de grave, juste un très gros hématome.
Mais, ce choc m'a permis de prendre une décision importante. Démissioner et me consacrer à ce rêve.
Comme quoi il faut parfois être secouer pour prendre des décisions.
L'entraînement
Avant de commencer un trajet de cette ampleur, il me fallait m'entraîner. Je suis plus issu du milieu de la "gym", orienté calisthénie, powerlifting, bras de fer. Donc rien à voir avec le gabari de randonneur au départ.
J'avais un cardio limité et surtout un poids beaucoup trop important.
Mon au 1er janvier 2025 était de perdre au moins 12kg (92 -> ~80) et passer de 13 de vma à au moins 14 même si je sais que pour de la marche ce n'est pas forcément une mesure très pertinente).
J'ai surtout fait du cardio et un régime. Je ne cache pas que courrir à 92kg n'est pas super agréable pour les articulations. Je courrais 1 jour sur 2 et tous les dimanche c'était entraînement "trail" à Floirac.
Gérer la régression
Je ne vous cache pas qu'au début, je n'ai pas vraiment progresser, c'est même plutôt l'inverse. Dans toutes mes autres disciplines je régressais, sans pour autant m'améliorer à la course... C'était un coup assez dur au morale, surtout que l'ennui de mon travail me frappait de plus en plus.
J'ai donc dû apprendre à courrir, m'assouplir et surtout continuer à perdre du poids (qui était plus du muscle déjà).
J'avais un rêve à réaliser, et j'étais prêt à en faire les sacrifices.
A force de persévérance, je pu atteindre les 14 de vma et un bon petit rythme en "trail" et surtout arriver au 82kg. Et on ne dirait pas comme ça, mais 10kg de différence sur les articulations, c'est énorme.